15 décembre 2014

TOBERNAC




                                                                                                                                                                        7 doigts de la main - Credit DR

Tabernacle, les québécots envahissent la capitale! J'en veux pour preuve la foule de propositions de nos collègues artistes canadiens, il pleut littéralement du québecots en cette fin d'année parisienne. 
Les 7 doigts de la main -qui finalement sont plutôt les 9 doigts de la main- vous reçoivent tous les soirs dans leur cuisine pour une popote entre potes. Leurs facéties circassiennes et acrobaties en tout genre envoient du lourd. La compagnie présente Cuisine & confessions, spectacle tout public, bien ficelé quoique très attendu, mais moins bling-bling que leurs précédentes créations. Se consomme donc facilement, léger à digérer, sans que ce soit de la haute gastronomie artistique mais plutôt un bon plat familial, parfaitement cuit, grâce à une recette maîtrisée du bout des 9 doigts. (facile)
Dans un style bien particulier, le québécois Alain Choquette est tout aussi impressionnant. Son truc à lui, ce n'est pas l'acrobatie du corps mais l'illusion des tours. Ma-gi-cien, métier respectable (ça rentre dans "profession intermédiaire" ça?), ici, point de close-up un peu poussiéreux ou de paillettes aguicheuse, Alain fait dans la poésie de la magie (si, si ça existe)… Des manipulations drôles et mystérieuses, une participation du public mesurée et des confidences toute en finesse forment un spectacle réussi et rafraichissant. Certains tours sont justes invraisemblables et on se refait le "shau" (comme dirait Alain le canadien) en sortant pour tenter une explication tangible de ce qui s'est produit sous vos yeux.. et sous vos applaudissements (Jacques Martin, sort de ce corps). 
Les canadiens sont plus que bienvenus dans nos contrées gauloises, ça souffle du squamish dans les colonnes Morris et sous les imperméables des boulevards Haussmann, conclusion c'est super le fun ct'affaire!

> cuisine & confessions des 7 doigts de la main à la Cigale jusqu'au 3 janvier
> alain choquette dans Drôlement magique à la Gaité montparnasse jusqu'en mai 2015






3 décembre 2014

CONIFERE

                                                                                                                                                                                                 crédit DR


Une fois n'est pas coutume, mon monologue digital s'épanchera aujourd'hui du côté des régalades de fin d'année et autres craquages de carte bleue asthmatique. Je veux parler de cadeaux de Noël option culture, vous l'aurez deviné. Le propos étant de creuser ce que, moi, modeste Cailloux sur l'autoroute culturelle, aimerait découvrir sous le conifère annuel (Pépito cette année - FYI). Et, par la même occasion, proposer des billes au plus sceptique d'entre nous, sceptique cherchant quand même à (se) faire plaisir.
Niveau lecture, j'opte pour Les vieux fourneaux (Tome 1 et 2): bande-dessinée cynique et caustique comme il faut pour contrebalancer les mièvreries de pré-réveillon. Ils sont vieux, chiants et nous font bien ricaner. Spectacle; pour une fois, je vous conseille un peu "d'humour" bien de chez nous, L'oeuf, la poule ou Nicole de et avec Nicole Ferroni, une fille juste drôle (j'aurais pu dire une fille juste et drôle, aussi) qu'on a le régal d'écouter chaque semaine sur france inter. Un petit concert qui traîne entre la bûche et le boudin? Oui, merci, ce sera sans hésiter Feu! Chatterton en février de passage à la capitale. Urgence, poésie et rythme se conjuguent à merveille, leur flamme sera durable, je l'espère.
Quoi, tu as encore faim de nourritures célestes, petit escargot gourmand de l'internet? Et ben, tiens, voilà t'as qu'a te faire toute l'intégrale de Gaspard Proust, chroniques en K7 vidéo, divix, dvd bien-sûr. 
Et puis pour bien te finir, je te propose en toute élégance, d'offrir du vin (mais du bon). Parce qu'avec,  tu offres la promesse d'une soirée aromatisée, de ravissantes découvertes pour ton palais, d'histoires sur des hommes et des femmes dits-de-terroir, bref quelque chose de bien vivant. Qui serait déçu d'ouvrir un magnum de Châteauneuf-du-pape 2005? Qui??? Pas Hirsute, … hips! Allez, hop, à Créteil...









24 novembre 2014

AMNESIS


                                                                                                                                           CR Piadecompiegne

En ce début de frimaire 2014, je prends mon index le plus averti pour pianoter joyeusement vers vous, chers hirsutiennes et hirsutiens. C'est que j'ai dans mon ballotin culturel quelques éléments dont je souhaiterais m'entretenir avec vous. Pour causer. Comme ça, pour rien. Le plaisir de converser sur l'internet, en somme. Une bêtise en soi. Mais qui m'enthousiasme. Bref. J'y viens.
Me pliant à l'illustre chanson "Trois petits tours et puis s'en vont", mon propos s'illustrera en trois mouvements d'intérêt croissant (c'est plus drôle). Et après je vous laisse tranquille, promis.
  Je démarre avec l'exposition Paul Durand-Ruel, sous-titrée "le pari de l'impressionnisme", que j'aurais moi-même renommée le pari de l'ennui (défi relevé haut la main), voire l'impression de l'arnaque. Et oui, cette expo cumule le fait d'être fadasse à souhait ainsi que d'être extrêmement courte & vraiment chère. Ensuite, si un méli-mélo de toiles impressionnistes vous attire, vous serez servi. Ce courant n'est pas mon favori mais là, c'est un peu le Carrefour de l'impressionnisme; tout est déballé sans scrupule. Polo avait une sacrée collec', croyez-moi, que je me dénigre point, j'aurais moi-même rêvé appartenir à la lignée Durand-Ruel pour m'offrir un petit Renoir, mais bon... Paul était donc galeriste et marchand d'art et soutenait allègrement le marché de ses artistes très originaux de l'époque. En cela, il a eu le nez fin le Polo. Si vous n'êtes pas un(e) addict du pointillé pastel, passez votre chemin.
Et, prenez le 27, direction Jeu de Paume. Là vous attend le ricain Garry Winogrand, soit une belle expo sur la vie américaine des années 50-70, avec bon nombre de tirages inédits. Les images sont admirables, vivantes, ironiques, sociales, politiques, elles rendent bien ce que cette époque évoque, des personnages hauts en couleurs (même en noir&blanc), des rues vibrantes et mystérieuses, des mouvements pris à la dérobée, des tranches de vie et d'histoire. Pourtant, une impression de "déjà-vu" me parcourt à la sortie de cette expo, cette esthétique à l'américaine -caractérisant cette période où la photographie acquiert ses lettres de noblesse made in USA- a été pas mal valorisée ces derniers temps et bizarrement, les expos se suivent et se ressemblent. Blasée la cailloux? Non, mais consciente qu'on nous impose un peu les mêmes visions, les mêmes regards artistiques "certifiés conformes".  
Pour se sortir de ce processus culturel un poil répétitif, rien de mieux qu'une soirée au Montfort, théâtre dont la programmation est définitivement étonnante et vivifiante. Le Projet Luciole, théâtre philosophique réussit à nous sortir de cette torpeur illico presto. Après un passage réussi à Avignon, Nicolas Truong nous balance sa sauce philosophique à la dramaturge, parsemée d'idées croquantes, d'aphorismes précuits et servis accompagnés de concepts fraichement ciselés. Un régal pour les papilles cérébrales; dérangeant et intriguant, cette pièce bouscule un peu le "bien-pensant" et nous donne quelques os philosophiques à ronger dans le tram du retour. Notre Héritage n'est précédé d'aucun testament, c'est dit (vous avez 4 heures). Pendant ce temps, Hirsute s'en va cueillir de nouvelles pâquerettes culturelles, mes hommages.

> Paul Durand-Ruel au Musée du Luxembourg
> Garry Winogrand au Jeu de Paume
> Projet Luciole





13 octobre 2014

MUST


                                                                                                                                                                               Eggleston DR

Salut. Hirsute Caillasse s'était un peu perdue dans les méandres de l'internet ces derniers temps (et puis elle avait enfanté aussi, faut dire), pourtant elle avait tout plein de propos dans son petit panier en osier estival et virtuel mais elle a tardé à vous en parler. Tant pis pour elle, toute polissonne qu'elle est, n'est-ce-pas (et puis, un peu tant pis pour vous aussi.) Donc, Hirsute pour vous servir, reprend du service dit "de rentrée". Qu'y a-t-il à se mettre sous la ratiche culturelle en ce moment?
De prime abord (< et wé, je me suis cultivée le vocabulaire), vous ne devriez pas louper l'exposition Wiliam Eggleston, "du noir & blanc à la couleur"... tout est dit, ou presque. Ce monsieur Eggleston a 75 automnes aujourd'hui (enfin, pas aujourd'hui hein, c'est pas son anniv à ce que je sache...). J'ai découvert son univers puisque j'ignorais tout de lui (y compris sa date d'anniv donc) grâce à cette exposition bien pensée, qui nous ouvre la porte sur un regard très spontané, une sorte de parti pris des choses qui semble l'emporter. Beaucoup de quotidien sur ces images; des cafés, des voitures, des détails -colorés ou pas-, des objets de-ci de-là, le tout emballé dans une immédiateté qui rend les photos très modernes. Le cadrage un peu brutal et les aplats de couleur révèlent bien une époque et un style, l'instantané selon Eggleston: percutant! L'expo est courte (trop?) donc cela n'empiète même pas sur votre après-midi course à pied / course chez Leroy Merlin / course chez le dentiste et le conservatoire. Du nickel chrome en 400 asas.
En second lieu (< t'as vu ça?), je ne saurais trop vous encourager à traîner du côté des ex-Pompes funèbres pour voir Matamore, fusion de 2 compagnies de nouveau cirque le Cirque Trottola et le Petit Théâtre Baraque, pour une corrida circassienne de haut vol. Bien plus décadent et surprenant que le Cirque Plume à La Villette qui s'apparente en ce moment plus au boulet qu'à la légèreté.. 
Somme toute (< la classe..), je clos ce post en vous parlant de Katsushika, le bien nommé Hokusai, qui est trop célèbre pour sa vague et pas assez pour ses estampes, alors vite ni une ni deux, on file au Grand Palais crier aligato gosaimas face à tant de délicatesse et de raffinement. 
Bientôt, plein de belles choses pour poursuivre l'automne sans que ça ronronne' ! (< et wé, j'aime la poésie)

Salutations calcaires,
Melle Cailloux


> William Eggleston à la Fondation Henri Cartier-Bresson
> Matamore au 104
> Hokusai au Grand Palais






29 mai 2014

VISAGES

                                                                                                                                                                                       Credit DR

Faut-il anticiper, lire, se préparer pour bien imaginer le type de spectacle qui va prendre vie sous nos yeux ? Ou bien, arriver, poussé par une curiosité, un commentaire, un conseil, un hasard et se laisser surprendre sans trop chercher à savoir... C'est le dilemme que j'expérimente régulièrement, tiraillée entre le fait d'en savoir beaucoup et de m'inonder d'un contexte, d'un travail, d'une démarche ou l'envie de me présenter innocente, sans à priori ni idées préconçues, toute neuve en émotion. Je virevolte entre les 2, parfois hyper informée, parfois complètement paumée.
En décidant d'aller voir pour la première fois Maguy Marin, célèbre chorégraphe, j'ai adopté illico le parti d'y aller les yeux fermés (hormis dans le tram, bien-sûr). 
Alors bien-sûr je m'attendais un peu à de la danse, ou au moins à une forme marquée par de lointains fondements chorégraphiques... que dalle.
Il faut avoir à l'esprit que la discipline se transcende aujourd'hui à la vitesse où le burger de base est devenu le it-sandwich du moment: foume d'ambert, roquette, veau. Plus rien a voir avec ladite recette originelle. Itou pour Maguy (te vexe pas), elle nous propose quelque chose d'inclassable et au final, ça a peu d'importance, tant que le goût y est, n'est-ce-pas?
Avec Singspiele, il y a plus que le goût, il y a la saveur de se confronter à une forme inédite qui d'emblée subjugue. Son unique interprète, y incarnera chacun de nous, et jonglera avec nos différences et nos similitudes à la force du corps, véritable pâte à modeler de vies. C'est incroyable comme le dispositif utilisé est simple et puissant; et tandis qu'une foule de personnages tantôt inquiétants ou dérisoires existent devant nous; on jubile du pouvoir des ficelles du spectacle sur notre raison: oui j'ai vu une centaine d'hommes et de femmes différents évoluer devant moi sur scène, ils partageaient peut-être le même corps, je n'en suis même plus sûre...


> jusqu'au 7 juin, au Théâtre de la Cité Internationale